25 mai : retour à l’Anse Caritan.

Un peu comme à la maison quoi ! … on est arrivés hier soir, juste à la tombée de la nuit, mais la lune déjà haute éclairait comme en plein jour … et on connait tellement bien le coin qu’on s’est remis presque pile poil au même endroit , au milieu des bateaux qui n’ont pas bougé et étaient déjà là avant !

Pas grand chose de nouveau depuis Fort de France !

On a retrouvé avec plaisir l’anse Noire, vendredi, après avoir fait nos courses et avoir déniché une super belle paire de chaussures pour Erick !

Pas moyen d’aller à Décathlon, les transports en commun étaient en grève depuis déjà plusieurs jours … seule alternative, le taxi, mais ça augmente le prix des chaussures ou attendre le passage d’un éventuel taxi collectif si encore il allait là où on voulait ! Pas la patience !

Alors on a regardé les magasins dans Fort de France et on a trouvé la perle ! Toutes belles ! Du moins quand elles sont neuves et encore en bon état ! 35 € ! peut-être ça ne va pas durer longtemps mais on verra bien !Pour l’instant, elles n’ont pas servi alors elles restent bien belles !

Un peu qu’elles sont belles hein ! Même qu’il y en a une qui a encore son bip antivol, c’est malin ! Va falloir l’enlever pour ne pas couiner à la prochaine rando !

Après le déjeuner, direction l’Anse Noire !

Il y a du monde bien sûr, c’est le début du long week-end.

On finit par se trouver un petit coin, tout près du ponton, près de la plage . . C’est bien, personne ne nous gâche la vue !

Et c’est toujours aussi beau !

A peine arrivés, le skipper d’un cata à coté vient nous inviter pour l’apéro ce soir !

Il a invité tous les équipages des autres bateaux, 1 monocoque comme nous et 3 catamarans, alors, pas question qu’on n’y soit pas ! … on est 8 finalement ! Et ce sera bien sympa …

Le lendemain soir, l’apéro sera sur Princess Julia et dimanche soir à nouveau sur le cata du premier soir ! Ce devait être sur le monocoque de Michel et Irène, (qu’on avait croisé à Mindelo au Cap Vert ! le monde est petit ! ) mais le propriétaire du cata, échaudé sans doute par l’expérience de la veille sur notre bateau, a proposé à Irène de venir avec ce qu’elle avait prévu sur son cata ! C’est vrai qu’il y a de la place au moins là et de quoi étendre ses jambes ! Il a un beau Privilège et même à 8 , on pourrait mettre encore autant de personnes sans se gêner !

Bon, les soirées ont été occupées quoi ! Heureusement sans trop boire ! Et ce n’est pas facile pourtant de résister au rhum ! Mais les jus de fruits ici sont très bons.

Martial et Yves , deux des voisins, sont plongeurs et samedi matin, ils sont venus proposer à Erick d’aller plonger avec eux. C’est bête, je n’ai pas pu y aller, car notre 2ème bouteille était vide. Je les ai juste accompagnés avec l’annexe sur leur lieu de plongée et ils sont revenus en nageant. Erick était plus que très heureux en rentrant ! Martial était Marin pompier à Marseille, formateur, Erick ne pouvait pas mieux tomber !

Et les photos de la plongée prises par Martial sont magnifiques.

Vraiment trop mignonne, cette petite diodon ! Ça ne peut qu’être une femelle pour se la péter star dans son bel écrin comme ça !

L’après midi, il a fallu gonfler les bouteilles. Les compresseurs, celui de Yves et le nôtre, ont fait un peu d’animation sur le mouillage et ils n’arrivaient même pas à couvrir le bruit de la musique à fond des bateaux à moteur qui viennent passer la journée dans la baie !Quel plaisir le soir quand ils s’en vont tous !

Et voilà, dimanche, petite balade et lecture.

Et hier, après le déjeuner, alors qu’on avait prévu de rester une nuit de plus, les autres partaient tous, nous sommes partis aussi, chassés par le bruit insoutenable qu’il y avait ! C’est sûr, ici, en Martinique, il y en a beaucoup qui n’aiment pas le calme et ne connaissent que la musique à fond ! Techno en plus pour que ce soit plus envahissant pour les oreilles !

Navigation un peu musclée comme d’habitude, au près, comme d’habitude aussi … et on a zappé les derniers bords pour arriver avant la nuit !Maintenant, on a du travail ! Car, la bonne nouvelle c’est qu’on a enfin une place pour laisser Princess Julia le temps de la saison cyclonique.

Une place au chantier du Marin … bonne nouvelle pour le bateau car il y sera plus en sécurité que dans la marina mais très mauvaise nouvelle pour le porte-monnaie ! Ca coûte une fortune par rapport aux prix pratiqués normalement, mais bien sûr, ils sont les seuls alors, en avant pour faire tourner le tiroir caisse ! … quand on aime, on ne compte pas il paraît !

On sort donc le bateau, pour le mettre au sec, le 1er juin à 8h30 … et le 11, on prend l’avion pour la Métropole … et revoir enfin la famille ! Mmmm, ce sera bien ! …D’ici là, il faut préparer le bateau pour notre longue absence. Si tout va bien, Erick reviendra fin septembre, moi fin octobre.

Et demain, 2ème injection contre le Covid.

A suivre !

La mangrove rose, qu’on peut voir près du rocher du Diamant, cette année comme l’année dernière à la même époque. Avec la chaleur, l’eau s’évapore et le sel favorise l’éclosion d’une algue, la Dunalielle Saliro, qui donne cette couleur rose bonbon à la mangrove. .. bizarre hein ! C’est Hélène de Saba qui m’a envoyé cette photo .

20 mai : on repart de Saint Pierre …

Et ça a été une bien belle escale ! …

Ce matin, je suis allée rapporter la voiture qui nous a permis de faire 3 randonnées vraiment sympa.

Le 1er jour, le 17 donc, direction l’anse Couleuvre. On longe la côte vers le nord, par une route de plus en plus étroite, pleine de côtes, de virages, de descentes abruptes. Au bout, c’est un cul de sac. On prend d’abord, dès la sortie du parking, le sentier qui monte à la cascade.

Et c’est un plaisir. On marche dans une forêt foisonnante, pleine de belles plantes tropicales et d’arbres magnifiques.

On passe notre temps à chercher les matoutous des falaises, de belles migales duveteuses noires et rouges, qui paraît il, pullulent ! Pas de chance, elles étaient toutes parties en balade ailleurs, à la chasse ou à la manif, on n’en voit pas. Ouf, j’ai réussi à en voir une au retour, mais elle s’est vite enfuie quand j’ai hurlé pour appeler Erick toujours à pétaouchnok devant ! Raté pour la belle photo où elle était en gros plan !

Juste quelques lézards pour nous faire croire à un univers sauvage !

Plusieurs gués à passer sur des pierres un peu glissantes mais au bout du chemin, une belle cascade nous attend.

120 mètres ils disent les guides. On se met dessous et c’est un plaisir. Même pas froide!

Dommage, il y a 2 mecs qui sont là, avec l’inévitable musique techno dans leur enceinte … ça bouscule un peu notre envie de solitude et de silence , alors on bat vite en retraite ! …On redescend pour aller, vers la mer, à l’anse Couleuvre.

On avait dans un premier temps pensé y venir avec Princess Julia, mais l’abri est un peu précaire et le mouillage réputé rouleur. C’est pour ça qu’on avait finalement choisi de venir plutôt en voiture. Sur place, on ne regrette pas notre choix ! Effectivement le mouillage est assez remué mais surtout l’anse est envahie de sargasses. Pas moyen de se baigner, la plage est envahie. On mange nos sandwichs en se désolant de ce spectacle peu agréable et en plus mal odorant !

Retour au bateau pour une sieste aux heures chaudes et en fin de journée, on part voir la plage du Carbet. Jolie plage, mais trop de voitures ! On revient vite au bateau retrouver le calme !

Le lendemain, mardi 18, on doit retrouver Hélène et Bertrand, ceux de Saba, qui viennent nous rejoindre , depuis le Marin. Sympa, ça leur fait un bout de route ! Au programme, l’ascension de la Montagne Pelée ! … par l’Aileron. Donc, rendez-vous à Morne Rouge. Mais, depuis que nous sommes arrivés à Saint Pierre , une seule fois on l’a vu dégagé son sommet ! … Bertrand d’après les études satellite pense qu’aujourd’hui sera le bon jour, mais nous, dès le matin , on voit bien que c’est comme d’hab, bouché !

Finalement, le plan B est activé ! Ce sera la boucle de Sainte Cécile ! … et bien nous en a pris car, dès le départ, Hélène perd la semelle d’une de ses chaussures, quelques mètres plus loin, la semelle de la deuxième chaussure s’en va à son tour ! … pourtant les chaussures ont l’air nickel ! Mais elles ont 20 ans ! Les colles ont un temps de vie moins long apparemment que le dessus en cuir !Pas de chance ! Et la Montagne Pelée dans ces conditions, ça ne l’aurait pas fait ! Courageusement, elle fera la rando avec ses chaussures sans accroche, comme si elle était en pantoufles ! … et pourtant elle n’est pas facile cette rando. Une forêt magnifique d’un type qu’on n’avait pas vu jusque là… comment dire, plus tropicale ! Des fougères énormes,

Partout des arbres avec d’énormes feuilles, brillantes, follement vivantes ! …il y a même des fougères aux couleurs hallucinantes !

Montée bien raide, sur un terrain argileux qui glisse , surtout que vers la fin, il pleut ! Heureusement, il y a, à force des passages, des petites marches qui ce sont créées … on arrive à un chemin de crête qui permet d’avoir une vue incroyable sur la côte au vent, la côte sous le vent et en fond de scène, le massif de la Montagne Pelée, toujours dans les nuages ! …on pique nique , la pluie s’est arrêtée et c’est un arrêt bien sympa !

le début de la descente est un peu plus acrobatique. Des cordes permettent de descendre le flanc très raide.

Un peu inquiétant au départ, mais finalement, ça se fait très bien ! … et au moins, en peu de temps, on dévale la côte ! La suite de la rando se fait par un beau chemin moelleux dans des sous bois trop beaux. Des gués là aussi à passer.

Même un avec une belle vasque dans laquelle Erick fait trempette !

Et voilà, on se sépare en retrouvant nos voitures. Retour au bateau, on est un peu flappis !

Et en arrivant , la Montagne Pelée, comme pour nous narguer, est bien dégagée !

Hier, mercredi, on pensait faire la randonnée qui va de l’Anse Couleuvre à Grande Rivière , 15 km avec retour possible au point de départ en bateau, avec un pêcheur qui organise les retours, sur rendez-vous.

Bon, on n’a pas pris rendez vous et puis, on ne se sent pas pour les 15 km après la balade d’hier !

Finalement, ce sera, le Canal de Beauregard, appelé aussi le Canal des Esclaves.

3km aller et 3km retour par le même chemin qui suit la margelle de ce petit canal qui apportait l’eau pour alimenter les distilleries. 30 cm, 40 cm maximum la margelle, avec très souvent, des à pics assez vertigineux ! …

Il n’est pas question de regarder autre chose que ses pieds ! Si on veut voir le paysage, faut s’arrêter ! … Quelle folie cela a dû être la construction de cet ouvrage ! Matériaux portés à dos d’hommes, par endroits, les murs de soutènement de plus de 2 mètres de haut ont été élevés le long de versants complètement raides. Il y a des balistiers en fleurs tout au long du parcours, c’est magnifique,

Des tas d’autres fleurs,

ainsi que quelques arbres remarquables … ce qui est drôle. c’est qu’on chemine en fait presque à la cime des arbres qui poussent plus bas sur le versant.

Impressionnant !

Il fait agréablement frais.

On revient par le même chemin. En solidarité avec Hélène, Erick quand on repart après notre petit pique-nique, a la semelle de chaussure qui se fait la malle ! C’est malin !…. il marchera en boitant jusqu’à la fin de la balade !

La route pour retourner à Saint Pierre est acrobatique !

Sieste et on repart pour aller voir une petite ville nichée dans la montagne, le village le plus haut de Martinique, Fonds Saint Denis.

On se croirait presque dans un village d’altitude dans les Alpes !

C’est la seule ville de Martinique qui ne soit pas contaminée au chlordecon, l’anti parasites utilisé pour la culture des bananes, car il n’y a jamais eu de bananeraies là. Des cultures de légumes, de plantes pour les essences aromatiques. Ils ont fait le bon choix eux !

Petit tour dans la ville, étalée à flanc de montagne. Très colorée, elle est vraiment séduisante.

Monument aux morts croquignolesque.

Eglise en pleine réfection.

Un enterrement arrive et c’est plutôt très différent de ceux qu’on connait !

De la musique, les gens, tous en blanc, discutent joyeusement.

Nous, on s’est mis un peu à l’écart du cortège. Arrive un mec qui gare sa voiture , une belle Captur , juste à côté de là où on est. Mais si l’emplacement était libre, malgré toutes les voitures de l’enterrement garées un peu partout, ce n’était pas pour rien !. .. il y a un beau piège ! sa voiture glisse dans le caniveau profond qui fait en fait une rigole au bord de la route, pour finir, en posant le bas de caisse sur une petite plate-forme qui permet d’accéder au panneau d’affichage communale placé juste là ! … c’est malin ! Plus moyen ni d’avancer, ni de reculer ! … on cherche avec lui comment s’en sortir … pas d’autre solution que de porter la voiture, la soulever pour la re-déposer sur la route !

On va battre le rappel des bonnes volontés au café à côté ! Les cafés sont normalement toujours fermés à cause du covid, mais la décision n’a pas dû arriver jusqu’à Fonds Saint Denis !

Une petite troupe rapplique et hop, 1, 2 3 pfff, 1, 2, 3, pfff … en 4 efforts conjugués, ils finissent par déplacer la voiture là où il faut ! Trop forts ! Le mec est allé garer sa voiture plus loin et est revenu pour payer un coup à tout le monde au café ! Ti punch pour nous, avec lui, au bar, avec le patron du bar, un bel antillais, fin, déjà bien âgé, un peu philosophe et poète. Les autres sont à la terrasse avec des bières. Le mec de la voiture n’en finit pas de nous remercier d’avoir pris tellement à cœur le sauvetage de sa voiture ! … on passe un vraiment bon moment à discuter.

Après, retour vers Saint Pierre par une route complètement folle tant elle dévale la montagne droit dans la pente. On s’arrête à l’ancien observatoire des secousses telluriques, construit juste après l’éruption de 1902, il était temps ! Il a été abandonné depuis pour un beau bâtiment contemporain à l’entrée de Saint Pierre . ( nous n’avons pas eu le temps d’y aller, ce sera pour la prochaine fois !)

Le jour qui tombe est magnifique de la haut

En chemin, au retour, une dame marche sur le bord de la route, perdue en pleine nature. On lui propose de l’emmener où elle va. Elle va à Saint Pierre et il fait presque nuit. Il reste un bon 3 km à faire ! Mais, ça ne lui fait pas peur semble t il ! Elle revient de sa « campagne » où elle est allée soigner ses poules , ses oies, ses dindons ! Comme presque tous les jours ! On est sidérés ! Elle est adorable, magnifique avec une belle robe colorée et un chapeau de paille… et en tongs … on l’a ramenée jusque chez elle et on s’est promis de se revoir lors d’un prochain séjour !

Et voilà ! …

On a quitté Saint Pierre et ce soir on est dans la baie de Fort de France . Plus de lumières, plus d’animation. heureusement avec le couvre feu, le calme est revenu maintenant.

Le mouillage est tranquille, on devrait bien dormir !

Cet après-midi, en se baladant , on est repassé à côté du phare…. il est complètement emballé, comme une œuvre de Christo !

Avant, en mars :

Et maintenant !

Sans doute besoin d’un bon coup de peinture, il est en ferraille, comme une petite tour Eiffel.

Demain, une mission, aller acheter de nouvelles chaussures de rando à Erick !

A suivre !

16 mai : Saint Pierre.

Depuis presque une semaine, nous sommes mouillés dans la baie de Saint Pierre.

Nous sommes partis comme prévu, lundi dernier. Courses au Leader Price de bonne heure pour faire le plein et hop on s’en va.

Beau temps, bon vent, pas de mer, pour la première partie, jusqu’au Cap Salomon, la navigation , au portant, est un régal. Cette fois ci, on passe le Diamant avec une belle lumière et pas de pluie !

Une vraie dent cariée ce Diamant, si un jour il s’écroule, ce sera une catastrophe, tous les guides touristiques à refaire ! Et ce sera bien dommage car c’est un plaisir, de le regarder chaque jour, depuis le mouillage de Sainte Anne !

Après Le Cap Salomon, ce n’est plus la même histoire ! On est au près. Le vent, dans le nez, s’est en plus, un peu renforcé et on doit , pour aller jusqu’à l’Anse Mitan, tirer des bords dans un bon clapot qui mouille bien ! On arrive pile poil à midi pour déjeuner ! Après-midi tranquille au bateau avant d’aller faire une petite visite à Gildas et Odile chez leur copains. Le malade va mieux, mais il a encore vraiment besoin de repos.

Le lendemain matin, départ sous voiles du mouillage, ils prennent leur petit-déjeuner sur la terrasse et nous appellent pour nous remercier du spectacle. Pas si mal la vue de la terrasse !

Vent sympa pour traverser la baie de Fort de France et remonter le long de la côte mais rien n’est parfait , il tombe complètement à 3 milles de la baie de Saint Pierre. Moteur. Dommage le vent revient juste avant notre arrivée. On est trop flemmards , on finit au moteur ! Et c’est encore juste pile poil l’heure pour manger !

Pas beaucoup de bateau dans la baie, on est 5. Ça ne va pas durer avec les arrivées du long week-end … mais ce sera cependant très agréable, on n’est pas les uns sur les autres !

Quand on arrive, la Montagne Pelée est dans les nuages, pas sûr qu’on la voit un jour !

Balade très agréable dans Saint Pierre. C’est une petite ville, très calme avec plein de magasins cependant, mais qui ne fait pas riche du tout, surtout quand on arrive de l’anse Mitan qui est un petit Saint Tropez !

Beaucoup de magasins sont fermés à cause du Covid et bien sûr aucun restaurant n’est ouvert. On fait vraiment de sacrées économies grâce à ce confinement !

Vendredi,

on va à pied jusqu’à l’Habitation Depaz, une distillerie, dans les hauts de Saint Pierre,
qui fait un rhum de qualité en raison de conditions bien particulières, terres volcaniques sur lesquelles poussent les cannes, avec vue sur mer

et l’eau utilisée très pure puisqu’elle descend en direct de la Montagne Pelée. Il y a des sources d’eau partout sur la propriété ! (La Montagne Pelée est paraît il un des endroits les plus arrosés au monde.)

La visite est vraiment très intéressante car la distillerie est en pleine activité.

C’est la période de récolte de la canne qui se fait de février à juin. Et ça usine ! Des engins de chantier dans tous les sens, ceux qui amènent la canne, ceux qui déchargent, ceux qui poussent les cannes dans les fosses où elles seront amenées aux broyeurs.

La canne arrive coupée, lors de sa cueillette, en tronçons de 30 cm et des tas d’engins en débarquent sans cesse d’énormes monticules, le pauvre mec avec son tractopelle qui les pousse vers les fosses est continuellement dépassé, un vrai travail de Sisyphe.

Des aigrettes blanches et plein d’autres oiseaux trouvent, eux, leur bonheur et picorent sur les tas de cannes sans avoir peur des machines qui pourraient à chaque instant les broyer !

L’Habitation, elle, est fermée, à cause du covid. C’est un château assez moche, construit après l’éruption de 1902 qui avait tout dévasté, rien à voir avec la magnifique maison coloniale de l’Habitation Clément.

Il y a des arbres magnifiques partout, le sol doit être drôlement riche ! Des manguiers partout, et je me suis fait une belle petite récolte ! Erick, lui, n’aime pas ça !

Et puis des albizias énormes,

un caoutchouc majestueux, pas croyable !

Une bien belle balade !

Et le rhum est plutôt bon !

Retour sous le soleil chaud, on a souffert !

Samedi, on est monté jusqu’à la Vierge des Marins qui domine le mouillage et veille sur nous, le jour et la nuit, où elle est illuminée.

Petite route bien raide pour y accéder, avec les 12 étapes d’un chemin de croix complètement délabré.

Belle vue en montant

et aussi en arrivant … ( vous trouvez Princess Julia ?)

La statue date de 1920, elle a remplacé celle d’avant, soufflée par la nuée ardente lors de l’éruption de 1902.

Les traces de cette éruption restent très présentes dans la ville, beaucoup de maisons toujours démolies, noircies, abandonnées.

En redescendant de chez Depaz, nous sommes passés près de l’ancienne église qui était dans le quartier haut de Saint Pierre et que nous n’avions pas vue à notre passage en février.

C’est vraiment émouvant. L’éruption a eu lieu un dimanche, au moment de la messe de communion solennelle. Ils sont tous morts, les communiants, les familles.

30 000 morts en tout ! Ce n’est pas rien.

Depuis le promontoire de la Vierge, on voit bien la ville.

Deux petites rues étroites parallèles, chacune en sens unique, celle de droite, on entre dans la ville, en venant de Fort de France, celle de gauche on sort ! Et après, la plage !

Peu de bâtiments hauts. La Bourse du Commerce qui a été reconstruite à l’identique.

Des maisons basses, la cathédrale énorme au milieu, reconstruite sur les restes de l’ancienne cathédrale dont le soubassement était resté intact. Mais, faute de moyens, elle a été refaite un peu au rabais, avec un étage en moins et des clochers bien moins beaux. Mais, quoiqu’un peu plus mastoc elle est en fait plus belle par sa simplicité.

Demain, lundi, on loue une voiture pour 3 jours. Ça va nous permettre d’aller faire des randonnées qu’on voudrait faire mais sont un peu éloignées et pas faciles d’accès en transports en communs.

Alors, on se retrouve pour le récit des balades qui nous attendent ! Il va falloir crapahuter ! Cascade Couleuvre et Montagne Pelée au programme ! Plus une randonnée de 15 km de l’Anse Couleuvre jusqu’à Grande Riviere, tout au nord. Préparez vos chaussures !

Pourvu que ce soit dégagé ! Oui, des fois ça arrive, mais ça ne dure pas longtemps !

Alors à suivre !

09 mai 2021 : à l’ouest, rien de nouveau !

Où est caché le lézard !

Et non, rien de nouveau, Caritan toujours, mais le temps qui passe, même s’il n’est pas celui dont on aurait rêvé, est plutôt agréable ! … il fait beau, la plupart du temps, des fois, comme hier et aujourd’hui, c’est un peu nuageux. Mais il fait bon, l’eau pour se baigner est très bonne et les journées s’enchaînent sans qu’on voit le temps passer. Bon, c’est sûr que pour un blog de voyage, c’est plutôt planplan et immobile, mais il y aura des jours meilleurs, on l’espère !

Là aussi, le confinement est toujours à l’ordre du jour bien sûr, comme en métropole, tout est fermé sauf les magasins dits essentiels, couvre feu avancé à 19h quand il était jusque-là 22h.

Les terrasses des bars et des restaurants restent désespérément fermées, mais ici, jusqu’au 27 mai. Pour la première fois, le Préfet s’est adressé à la population en créole ! C’est dire comme la situation est à nouveau tendue : « Bagay la cho. Sé ansanm nou ké rivé » , « l’heure est grave, c’est ensemble que nous nous en sortirons » . Ça fait qu’on a une vision de la Martinique très particulière ! Peu de touristes, pas de bruit le soir, le mouillage ici très calme sans les bateaux de location.

La petite place de Sainte Anne presque toujours déserte.

On va marcher, c’est toujours un régal.

Erick a fait un grand nettoyage de la coque, sous l’eau, avec le narguilé magique.

Et puis aussi, petite plongée de remise en jambes, autour du bateau, histoire de se rappeler l’usage du matériel, du « stab » surtout.

On bricole sur le bateau, on lit, et chaque soir ou presque, grand challenge de qui va gagner au scrabble !

Aujourd’hui, on est invités pour un anniversaire, alors pour y être, il nous a fallu patienter ici, mais demain on part se balader vers la côte sous le vent jusqu’à Saint Pierre.

On fera, au départ, une halte à l’anse Mitan pour y voir notre ami Gildas qui vient de sortir de l’hôpital, la rate en moins finalement, et se retape chez des amis. C’est plus confortable que Citron vert où monter à bord aurait été un peu sportif pour un frais opéré !

Le 26, on doit être de retour pour la 2ème injection du vaccin anti covid. On est joueurs, c’est Astra Zeneca, mais au moins on aura les 2 injections pour rentrer en métropole !

Bien peu à partager, à part quelques photos !

A suivre alors ! …

27 avril : retour au Marin.

On est de retour à notre mouillage de Caritan qui est un peu comme si on était dans nos pantoufles ! Plaisir de retrouver le Diamant au loin et les beaux couchers de soleil.

De retour depuis le vendredi 23 déjà, retour plus rapide que prévu mais bon, ce sera pour tout à l’heure l’explication !

Au dernier message, on en était resté à notre arrivée à la Baie du Trésor, le lundi 19 avril.

Le mouillage est bien calme, la nuit a été agréable et c’est magique de se lever en pleine nuit et se retrouver entourés par cette nature escarpée sombre, avec juste au dessus de nous les éclats du phare.

Dès le matin, après le petit-déjeuner, on part en balade.

L’annexe est bien amarrée au bord de la plage, pour ne pas repartir avec la marée !

A peine partis, c’est l’heure du Zoom rituel du mardi avec Maman et mes sœurs et c’est sympa cette proximité soudaine alors qu’on est noyés dans la verdure de la mangrove.

Avec encore des mancelliniers un peu partout !

Et après, hop on y va. On fait le tour de la presqu’île par le sud. Beaux paysages sur la mer depuis cette côte rocheuse.

On fait une boucle qui nous ramène vers le bateau en traversant la presqu’île par un petit sentier tout mignon, le sentier des mares, au milieu de la forêt sèche.

Ceux du cata avec qui on partageait le mouillage depuis hier, sont partis en balade eux aussi. On aperçoit leurs paddles qu’ils ont laissés cachés dans les buissons sur la plage.

Le vent se lève un peu par belles rafales et tout d’un coup, pendant qu’on déjeune, on voit le cata qui glisse lentement à côté de nous. Et voilà, lui aussi, il dérape sur son ancre ! On est abonné ou quoi !

Erick part en annexe pour essayer de faire quelque chose, mais en montant à bord, s’il peut entrer sans problème dans le bateau, par contre pas moyen de démarrer le moteur , il y a un coupe circuit qu’il n’arrive pas à trouver. Rien d’autre à faire que laisser le bateau continuer doucement son escapade, pour finir par s’arrêter sur la caye juste derrière.

Vers 14 heures, enfin, ils reviennent. Erick va à leur rencontre et ramène le skipper accroché à l’annexe.

Pas moyen de s’en sortir en s’aidant du moteur, mais avec chacun leur annexe, Erick qui pousse le cata, et lui qui le tire , ils parviennent à le remettre à flots, ouf !

Ça crisse un peu beaucoup paraît il sous la coque.

Il a plongé pour voir le dessous, pas de dégâts semble t’il, de toutes façons, ils devaient repartir le lendemain pour le Marin où il ont rendez vous pour sortir le bateau, ça tombe bien !

Un autre voilier est arrivé en fin d’après-midi, on est trois bateaux pour notre deuxième nuit.

Le lendemain, les deux bateaux s’en vont et on est tout seuls !

Nous, on est partis de bonne heure pour aller faire le tour de la presqu’île.

Et c’est magnifique. Un sentier bien aménagé, propre, qui fait découvrir des paysages variés.

Tout un circuit dans la mangrove au départ, et elle nous paraît en bien meilleur état cette mangrove ici que plus au sud de l’île, vers les Salines.

Mancelliniers toujours et marques de parcours, tout est bien indiqué.

Vigoureuse, bien verte, c’est un plaisir de la parcourir, cette mangrove, surtout que le sentier est bien conçu avec de jolies passerelles qui permettent de traverser les zones humides, des panneaux explicatifs pour mieux comprendre cet espace très particulier. Balade passionnante pour découvrir la végétation de palétuviers, les zones qui assèchent et se remplissent. Un vrai poumon vert, plein d’oiseaux, de crabes …

De beaux points de vues sur la baie, avec bien sûr le bateau qui fait beau dans le paysage ! Du moins nous on trouve ! Sans lui, ce serait peut-être bien aussi ! Mais nous on ne se lasse pas de la regarder de loin notre Princess !

Petit arrêt au « château » Dubuc, ce sont en fait les ruines d’une ancienne « Habitation » de culture de canne à sucre et fabrication de rhum. Dommage, avec le Covid, bien sûr, c’est fermé et on ne peut visiter.

Montée jusqu’au phare,

avec, d’une terrasse un peu plus haut, un point de vue exceptionnel sur toute la côte …. et bien sur le bateau !

C’est tellement beau que c’est difficile d’en partir.

On redescend vers la côte, petit détour par une station météo abandonnée, il ne reste que des instruments qui, sans problème, savent maintenant envoyer, par radio, leurs données a des stations à distance. Plus besoin de présence humaine !

Retour par la côte au vent. Il y a plus de vent justement, la mer est belle, bien bleue pleine de moutons

Et on sera tout seuls pour l’après-midi, la soirée et la nuit dans cette belle grande bassine sauvage dans laquelle on est mouillés !

Jeudi matin, on remonte l’ancre. On avait mis 70 mètres de chaine pour pouvoir partir marcher l’esprit tranquille même si le vent se levait.

Mais le guindeau qui semblait, depuis quelques temps, renacler à nouveau un peu, a remonté les 70 mètres et dit hop c’est fini, je ne veux plus rien savoir !

On est allé mouiller dans une baie à côté, juste au début de la Pointe de la Caravelle, la baie du Galion, pour essayer de réparer, pensant que ça venait de la télécommande.

Mais après un grand nettoyage pas inutile des connexions, ça ne venait pas de ça, mais c’était le relais de remontée qui avait cramé.

Erick a inversé relais de descente et relais de remontée ( plus facile de laisser descendre la chaine que de la remonter à la main !)

Le lendemain, vendredi. il était donc plus sage de rentrer directement au Marin, sans courir le risque de se retrouver en panne complète de guindeau.

Dommage, il nous restait encore plusieurs mouillages qu’on voulait découvrir. On reviendra !

Vendredi, navigation musclée pour redescendre ! Une navigation qui normalement devrait être assez tranquille avec le vent portant, mais là, bien sur, on avait le vent dans le nez ! Et on s’est bien mouillés, mais aussi bien régalés ! En début d’après-midi, on mouillait à nouveau a l’anse Caritan, presque à l’endroit qu’on avait laissé quinze jours avant !

Hier lundi, navigation habituelle pour aller jusqu’au ponton de Leader Price refaire le plein ! On a emmené avec nous nos amis de Citron vert. Après les courses ensemble, eux allaient déjeuner sur un bateau ami, nous ont avait des obligations, un relais de guindeau a trouver et aussi une hélice pour le hors bord qui a force d’être réparée ne voulait plus rien savoir !

La journée a été bien occupée ! La carte bancaire qui avait roupillé pendant 15 jours a repris du service !

En arrivant, on a vu un cargo charger plusieurs grosses belles vedettes privées pour les emmener passer l’été en Mediterranee après l’hiver dans les Caraibes. C’est plus facile la vie comme ça ! Ce matin, on a vu le cargo partir..

Après notre journée de courses, retour « à la maison » pour un nouveau coucher de soleil somptueux qui nous régale chaque soir.

Tout va bien pour nous ! Mieux que pour notre ami Gildas qui au retour, hier, quand Erick les a raccompagnés à leur bateau, a dérapé en montant sur son voilier, s’est écrasé sur les filières et sur un chandelier et s’est bien fait mal au point qu’il a fallu faire intervenir les secours.

Heureusement, c’est beaucoup moins grave que ça semblait, mais on l’a vu partir à l’hôpital de Fort de France en hélicoptère, dans la nuit.

Il vaut mieux que ces choses là arrivent en terrain civilisé !

Demain, on aide Odile à ramener Citron Vert dans la marina.

Allez à suivre !

19 avril : Presqu’île de la Caravelle.

Et voilà, ce matin, nous sommes arrivés au mouillage de la Baie du Trésor, à l’extrémité de la Pointe de la Caravelle, une longue presqu’île de plus de 10 kilometres qui s’avance loin dans l’océan.

Le bateau, c’est la petite flèche rouge ! Tout ce qui est en vert, ce sont les hauts fonds, qu’on appelle cayes ici, où ça déferle.

Mouillage complètement sauvage, nous sommes entourés de sommets couverts de végétation, et rien d’autre que des arbres, juste le phare qui émerge de cette mer verte, juste au dessus de nous. Et puis, vers l’ouverture de la baie, la mer, ourlée par les longues vagues déferlantes sur les barrières de corail qui protègent la baie.

Au loin, la côte et les ilets du Robert, plus loin encore ceux du Francois. La visibilité est incroyable. Il fait très beau maintenant alors qu’on est arrivés avec un beau grain que nous avons dû laisser passer après avoir affalé les voiles ! . L’eau est assez sombre car il y a du fond, mais les abords de la plage sont d’un beau bleu turquoise avec des fonds de sable blanc et puis la plage elle est ocre, presque noire.Très beau. Un catamaran de Canadiens partage le mouillage avec nous, mais on est assez loin l’un de l’autre.

Demain, on ira se balader à terre, il y a un sentier de randonnée qui fait le tour de la presqu’île.

Là, on se régale du paysage ! … et on se baigne. Erick est parti en exploration sur les coraux voir s’il y a des poissons. Il devrait puisque toute la zone est en réserve naturelle. Depuis la dernière fois et notre mouillage de Petite Grenade, nous avons remonté doucement vers le nord.

Un premier arrêt près de l’ilet Long.

Un petit ponton qui permet d’accéder à une jolie maison, résidence de vacances inoccupée.

La maison, on se croirait en Bretagne, mais la Bretagne après le réchauffement climatique !

On se balade autour jusqu’à la plage de l’autre côté, elle aussi envahie par les sargasses.

mais c’est impossible après de se frayer un chemin dans la végétation basse mais bien serrée.

On continue avec l’annexe à faire le tour de l’île. Il y a des habitations de pêcheurs dans un creux de la côte. Un homme, seul, est là et semble regarder le temps passer. Il vit là, et son frère a la maison plus loin. Maison, maison, plutôt des cabanons de tôles dans un joyeux foutoir coloré de matériel de pêche. On discute un moment, il est très sympa, veut même nous inviter à boire un ti punch, mais il est 16h, pour nous, c’est pas l’heure et on n’ose pas le déranger. On a sans doute eu tort.

Le lendemain, direction les ilets Oscar et Thiery. Deux petits ilets côte a côte séparés par un bel espace de sable blanc qui fait l’eau transparente. C’est ce qu’on appelle la Baignoire de Josephine.

On peut trempiner dans une eau peu profonde sans se lasser tant elle est tiède ! … il paraît que c’est là que se discutaient les grosses affaires à traiter entre riches blancs, les Békés, en sirotant du rhum posé sur un plateau flottant !De cette époque, restent tout au long de la côte et aussi noyées dans la végétation des îlets, les belles maisons luxueuses de ces blancs qui continuent de détenir les richesses de l’ile.

Sur l’îlot Thiery, un beau ponton avec un palmier au bout. C’est adorable ! Un bel escalier qui escalade la falaise et en haut la surprise de tomber sur une superbe maison. C’est clair, c’est privé, on est chez quelqu’un ! …

Personne là, mais vite arrivent les gros aboiements d’un chien ! … et puis le chien, noir, un balaise croisé labrador et quelque chose comme un veau marin sans doute car il est énorme ! … et juste derrière, sa maîtresse, une femme un peu baba cool, plutôt froide au départ mais qui après nous fait visiter la maison, nous sort les photos de celle ci-après le passage du dernier cyclone. Gloria elle s’appelle. .. le chien, la chienne plutôt, Elsy est finalement adorable, réclamant sans cesse des caresses. Gloria vit là, seule. Elle est chargée de surveiller la maison. Une bien belle maison mais qui réclamerait des tonnes de travaux et là, perdue sur son île, rien n’est simple pour faire des travaux, ne serait ce qu’acheminer le matériel ! De plus la maison est en indivision et les propriétaires ne s’entendent pas. Alors, la maison se déglingue petit à petit. Dommage.

Mais c’était un vraiment bon moment.

Au mouillage, il y a Saba, le voilier avec qui on partageait le mouillage de Petite Grenade. Un couple avec 2 enfants et 5 chats ! Il y en a qui n’ont peur de rien ! On s’est tout de suite bien entendu et on les retrouve avec plaisir. On décide d’organiser un déjeuner apéro qu’on ira partager avec Gloria le lendemain !

Mais zut, le lendemain, on voit Gloria se faire enlever, elle et son chien par un mec arrivé avec une vedette. Raté !

On se fera, finalement, sur la plage de l’îlot Oscar, un pique nique entre nous, avec en plus un copain prof à eux, et c’était parfait !

Il y avait aussi des invités surprise pas farouche du tout !

Le soir, dernier apéro sur la plage pour regarder le soleil se coucher.

Il y avait même de belles étoiles de mer dans l’eau

Et le lendemain, Saba repart vers le Marin et nous on continue vers le nord.

Baie du Francois, on mouille juste à la sortie du port. Un petit port de pêche assez actif. Erick fait le plein d’eau, le plein d’essence pour l’annexe. On lui indique un canal qui permet d’aller jusqu’au Centre commercial pour faire les courses ! Super ça, au lieu de faire les plus de 2 km qu’il aurait fallu faire ! On pourra rapporter plus de choses ! Et en plus c’est une belle balade !

On se croirait sur une rivière amazonienne, un peu plus on verrait des crocodiles !

Un peu bruyante cette sortie de port , avec toute une collection de petites vedettes et les inévitables jet-skis qui entrent et sortent sans arrêt …

On part le lendemain, vendredi matin, vers la baie du Robert. Mouillage de l’île Madame. Ça va être le week-end, on espère que ce ne sera pas trop bruyant ! …

Encore un bel endroit ! Belles zones de sables blancs, plages turquoises. De belles grosses maisons de riches noyées dans la végétation.

Petite balade sur l’île, mais là encore, pas moyen d’aller bien loin car il n’y a pas de sentier tracé et la végétation est serrée. En chemin, on rencontre des arbres typiques des Caraibes, des manceliniers, généralement signalés par des marques rouges sur leur tronc par ils sont très toxiques. On les trouve beaucoup en bord de plage. Il ne faut pas s’asseoir dessous, particulièrement s’il pleut et surtout ne pas manger les fruits en forme de petites pommes mignonnes, on peut en mourir ! La nature n’est pas toujours sympa !

On s’est mis un peu à l’écart de la plage et du ponton qui permet de débarquer et ce sera finalement un week-end relativement calme, avec une vue plutôt pas mal

On était 3 voiliers et 1 cata… dimanche 1 voilier de gens du coin est arrivé. Il met son ancre juste devant Princess Julia. Et tout d’un coup, l’après-midi , on voit le voilier qui nous arrive dessus. Son ancre avait chassé ! Panique à bord , à bord de Princess Julia du moins, eux ils étaient tous partis pique-niquer sur la plage ! … leur bateau est arrivé en travers sur notre étrave … Erick a réussi à le faire dévier, mais au passage, avec notre tangon qui déborde à l’avant, ça lui a dégommé un, puis deux, et trois chandeliers ! Il a longé le bateau et finalement, son ancre a re croché juste derrière le bateau ! Erick est allé à bord pour mettre un peu plus de mouillage et il est parti avec l’annexe voir s’il les trouvait. Ils sont arrivés juste à ce moment là, 3 personnes assez âgées, 2 mecs et une femme et elle, en arrivant sur leur bateau s’est exclamé « oh mon dieu !  » « oh mon dieu !  » « oh mon dieu ! » , 3 fois, une par chandelier ! Heureusement, la Princess n’a rien !

On se serait passé de cette petite animation ! Et ce matin, on est parti de l’ile Madame pour venir ici !
Voila ! … on est allé faire un tour à terre. Le sentier de randonnée passe juste là, à coté de la plage… alors demain, y a plus qu’à !

A suivre !

11 avril : Petite Grenade.

On est dans ce mouillage vraiment bien beau de Petite Grenade depuis vendredi.

On a quitté notre mouillage cocooning de Sainte Anne jeudi matin à 8 heures. Départ sous voiles, pour le plaisir car il y avait de la place et histoire que Gildas et Odile nous fassent des photos du bateau !

Pas beaucoup de vent , mais on avançait bien malgré tout. Mer presque belle, ça remue toujours un peu du côté de la côte au vent. Tout allait bien jusqu’à ce qu’on voit devant nous une immense étendue marron , comme de la terre, qui s’étendait jusqu’à la côte et loin au large. Très impressionnant.

En approchant, on a découvert ce que c’est un banc de sargasses ! On a été accompagnés pendant toute la traversée de l’Atlantique, l’année dernière de longs chapelets de ces algues qui flottent doucement en surface, on avait entendu dire qu’il y avait eu des échouages sur la côte plus au nord. Et voilà, on était dedans pour de vrai et ce n’est pas un moment bien agréable !

On a commencé à avancer dans ce grand champs, sous voile, mais vite c’est devenu plus compact et le bateau s’est englué, d’autant plus qu’il n’y avait plus un souffle d’air au milieu de cette nappe immense. On a dû mettre le moteur, la mort dans l’âme, craignant de tout bloquer. Et petit à petit, petite vitesse car le moteur peinait lui aussi, on a réussi à se sortir de ce piège.

On était bien contents d’arriver dans la baie du Vauclin, dans une eau sans algues, mais pas bien bleue malgré tout car on était juste derrière la barrière de récifs, les cayes ça s’appelle ici, et l’eau est plutôt remuée !Là, ça ne bougeait pas trop, soirée tranquille à regarder le jour se coucher sur la petite ville.

Bien sûr, la nuit, il faut toujours que ça change, la mer s’est un peu plus agitée… un peu difficile le matin pour mettre le moteur sur l’annexe qui ne voulait pas rester en place et c’est en quittant le bateau qu’on s’est aperçu à quel point le bateau bougeait ! Dedans on ne s’en rendait pas compte !

Le Vauclin, c’est un petit port de pêche, assez actif. On ne savait pas trop où mettre l’annexe sans la laisser là où il ne fallait pas. Deux hommes discutaient sur le quai et l’un d’eux nous a autorisé à s’amarrer sur le bateau, juste là, qui était à lui. Super ! Il nous a aussi proposé de nous vendre une bonite. Il lui en restait 2, des bonites de 2 kg. 12 € le kg, le prix normal quoi. Re super ! … le temps qu’on fasse les courses il nous levait les filets ! Parfait tout çà.

On l’a retrouvé comme prévu au retour , de l’autre côté du port, à un des petits étals où les pêcheurs peuvent présenter et nettoyer leurs poissons. Les bonites étaient toujours entières et tant mieux car comme ça, on a pu discuter avec lui le temps qu’il lève les filets et il était adorable. Un bout de vie en métropole dans l’aéronautique à Marignane mais, il a tout laissé tomber pour revenir vivre mieux chez lui. Et devenir pêcheur ! Une belle philosophie tranquille, une rencontre bien agréable.

Et depuis, on se régale des filets ! Elle va nous faire 4 repas notre petite bonite !

Après, on a levé l’ancre pour aller un peu plus au nord, juste derrière la pointe du Vauclin, dans la baie de Petite Grenade. Une belle grande baie protégée par une très longue barrière de corail. Il faut juste trouver la passe pour pouvoir entrer. Heureusement, avec les traceurs asservis à un GPS, la tâche est bien plus simple maintenant.

Et depuis vendredi, on est là, entre l’île qui partage la baie en deux et la côte, avec les mangroves qui nous entourent.

On est juste à la sortie d’une échancrure qui forme une belle petite baie qui s’appelle le Trou du Cochon. C’est bien calme … l’eau du moins, les matinées et les soirées aussi, mais là, avec le week-end, les après-midi, hier comme aujourd’hui ont été plutôt agités ! … toute une jeunesse friquée vient sur la petite plage du Trou du Cochon, et il ne savent vivre que dans le bruit ! Musique techno à fond et, l’horreur, des scooters des mers pour venir ! Il y en avait 12 aujourd’hui ! … ils ont pendant un bon moment jouer à faire la course, par équipes à tour de rôle et enfin, tout à l’heure , ils sont partis, les 12 d’un coup ! Un bruit d’enfer mais, ouf, enfin c’est redevenu tranquille ! … et demain ça ira mieux !

Il y a un sentier de randonnée qui fait le tour de la Pointe du Vauclin et c’est un plaisir de le parcourir.

Hier , on est juste allé jusqu’à la Pointe.

Ce matin on a fait le tour en entier, ce n’est que 8 km par un sentier très bien tracé avec des marches pour faciliter les endroits trop escarpés. C’est beau, un mélange de paysages, la mangrove, une savane rase, des champs cultivés en approchant du Vauclin, avec une jolie vue sur la ville

Et puis des bananeraies,

un sentier escarpé qui monte et qui descend pour suivre la côte face au grand large, c’est clair, que, des fois, il doit y avoir du vent,

pour redescendre par un beau raidillon vers le Trou du Cochon dans une forêt basse avec de beaux arbres, comme des gommiers rouges

.

Très agréable !

Le soleil va se coucher au fond de la baie derrière le beau morne qui la domine. Le fond de la baie est très vert, un paysage de collines cultivées, on se croirait plus en Ecosse qu’aux Antilles !

Erick, partit avec l’annexe, vient de revenir d’une exploration à la nage le long de la barrière de corail. Un peu déçu car il n’a pas vu de poissons.

Un pêcheur rencontré ce matin en traversant un tout petit village de pêcheurs, nous disait qu’avant il vivait bien en mettant 4 ou 5 nasses. Maintenant, il en a 50 et il a du mal à vivre. Bien triste cette évolution.

Elles sont très belles leurs nasses, grandes , ils les posent et les relèvent au bout d’une semaine.

Sur le port du Vauclin, on a pu voir deux mecs qui en fabriquaient, avec la même méthode artisanale qu’autrefois, du grillage et des montants en branches de bois.

On reste encore ici demain et après on remonte un peu plus vers le nord.

A 180 km plus au sud, sur l’île de Saint Vincent, le volcan est entré en éruption, peut-être en avez vous entendu parler.

Les pluies de cendres se sont abattues jusque sur la Barbade .

Il a fallu évacuer les habitants du nord de l’île. Pas drôle !

Bon, à suivre !

1er avril : on est toujours à Sainte Anne et ce n’est pas un poisson d’avril !

Sainte Anne, toujours !

Au début, il y a un mois ou presque, à mon dernier message, la vie était encore normale ou presque.

Le 5 mars, en revenant au mouillage, découverte de Sainte Anne …. on est monté par le petit raidillon caillouteux jalonné par les étapes d’un chemin de croix , jusqu’à la chapelle Notre Dame de la Salette, qui domine la ville. On n’ aurait pas envie de le faire à genoux ! La chapelle est sans grand intérêt,

mais de là-haut, la vue est bien belle sur le mouillage.

En redescendant, on a pris un pot à une terrasse calme et avec vue sur mer encore, on ne s’en lasse pas !

Et même, Erick a pris une belle photo de moi, une comme je les aime, on ne voit pas les rides !

Le lendemain, carénage du bateau, il fallait enlever la mousse qui recouvre à nouveau la coque, 15 jours après qu’Erick l’ai déjà fait ! Faut pas croire, c’est pas les vacances !

Le 8 mars, c’était le lundi, on a fait une très belle balade.

18 km pour contourner le bout de l’île, en longeant la mer par un tout mignon sentier aménagé, la Trace des Caps.

Tout le long, c’est une succession de paysages magnifiques.

Passage par la belle plage de la Saline, 3 km de sable immaculé et presque personne grâce au covid ! Le vaste étang de la Saline, une zone classée au Patrimoine Mondial par son rôle important dans la régulation de la biodiversité.

En chemin, on traverse une grande zone au paysage presque lunaire, la Savane des Pétrifications, jonchée paraît il de belles roches silicifiées. En fait, elles ont pour ainsi dire toutes été pillées, pour faire des tables basses, c’est malin, reste une étendue bizarre, désertique avec des cactus de loin en loin. On se croirait dans un décor de western !

Partout, tout le long du chemin, des petites boites en bois pour piéger les crabes de sable. La chasse est ouverte jusqu’en avril et c’est parait il super pour faire la soupe

On est allé jusqu’à la Baie des Anglais. (Le chemin continu encore pendant 9 km jusqu’à l’anse Macabou.)

On a pique niqué au dessus de la baie des Anglais, c’était bien beau.

Retour en prenant un chemin rocailleux qui traverse l’île au milieu de champs de canne à sucre et de melons, en cahotant de sommets en vallons. Fatigant, surtout qu’il faisait chaud et il n’y a pas un pet d’ombre. On était drôlement contents d’arriver enfin à l’entrée de Sainte Anne, la tête et les pieds un peu endoloris. Un joli vieux moulin à canne à Sucre bien restauré marque l’entrée de la ville.

Dommage, comme c’est devenu la règle maintenant, on ne peut plus visiter !

Allez, plus que 2 km et ouf on a retrouvé le bateau, crevés !

Le mercredi, j’ai commencé à être pas trop bien, une grande fatigue qui m’est tombée dessus, d’un coup à midi, alors que le matin, j’allais bien.

Le lendemain, les jours suivants, pareil, très fatiguée, fiévreuse. On est allé acheter un thermomètre pour vérifier. Ah oui, 38°9 – 39° continuellement. La bouche très sèche, mal partout, impossible de dormir.

Le lundi matin, en me levant, je n’ai pu que dire à Erick « je suis fatiguée », avant de m’écrouler, évanouie !

Affolement à bord ! Il a levé l’ancre , et accompagné de notre ami de Citron Vert, on est parti au Marin. Pour pouvoir voir un médecin de SOS Médecins il faut être au ponton, ils ne sont pas joueurs, ils ne veulent pas aller jusqu’à leurs clients en annexe !

Verdict immédiat, c’est au choix le Covid ou la dengue.

Tension moins de 8. Paracétamol et une analyse de sang à faire, c’est précisé sur l’ordonnance, en extrême urgence. J’aurai un rendez vous le mercredi matin, à 6h20 … super sympa l’infirmière, il pleuvait et le bateau était au bout du ponton qui doit faire au moins 250 mètres ! … résultats l’après-midi, c’est bien la dengue.

Donc, repos car grosse fatigue qui va durer à prévoir ! De toutes façons, je suis incapable de faire quelque chose et je suis restée aussi fatiguée pendant au moins 15 jours. Je commence à aller mieux, mais ce n’est toujours pas la grande forme. J’ai dû me faire piquer par une garce de femelle moustique, pendant notre belle balade dans la mangrove ! Pas de chance, habituellement, les moustiques m’ignorent et s’attaquent à Erick avec délectation !

Hier, on est allé faire notre première injection du vaccin contre le Covid. Deuxième injection le 2 juin.

La salle d’attente du toubib est un vrai plaisir, on n’a pas les mêmes en métropole !

Nos journées sont plutôt simples et tranquilles, la vie au mouillage n’est pas exaltante mais pas désagréables.

De toutes façons, tous les bateaux autour, même pas malades eux , personne ne fait rien, on attend, puisque de toutes façons on ne peut quasiment rien faire ! … juste aller voir les mouillages à côté éventuellement. mais pourquoi changer quand celui ci est bien confortable !

Ça ne bouge pas, il y a du vent tout le temps qui recharge bien les batteries, on peut avoir de l’eau douce comme on veut, il y a des machines à laver pas loin, le village a 2 km par une petite route agréable pour faire les courses

On n’est pas trop nombreux et les bateaux sont loin les uns des autres. De temps en temps, il y en a un qui lève l’ancre. On sait que quelques heures après, il sera de retour, pour ainsi dire au même endroit, il est juste parti faire les courses au ponton du Leader Price à l’entrée de la baie du Marin ! L’aventure quoi !

Le Leader Price, ah, lui, il a tout compris, encore qu’ils doivent souffrir de l’arrêt de la location de la grande flotte de catamarans.

Bon, tout le monde est en mode « caravane et on attend !

Si on veut partir vers les autres îles, ça veut dire test PCR en partant, 7 jours de quarantaine et re test PCR à 200 $ aux Grenadines ou Saint Vincent et ça a chaque changement d’ile ! Alors, autant rester là !

La Guadeloupe, pas de possibilité d’entrée sans un motif impérieux. Et maintenant le soir, le zodiac de la Police fait des ronds dans l’eau, pour vérifier qu’on ne fait pas des apéro sauvages sur le bateau des uns ou des autres !

Ce n’est pas le voyage dont on rêvait. .. mais la vie reste agréable avec le soleil, les bains autour du bateau, les tortues à regarder pointer leur tête régulièrement, là, juste à côté du bateau.

D’ailleurs, en me baignant, j’ai réussi à me faire un super beau maquillage à la iroquois !

Un truc tout bête, complètement improbable ! En passant en nageant, sous le bout qui relie l’annexe au bateau, le bout s’est tendu brusquement. juste au moment où je passais et ça m’a fouetté la joue ! Waouh ! Pas cool ! Et une belle brûlure !

Dans la rue, en revanche, toujours de belles peintures.

Plein de poésie et de bon goût pour masquer la sortie du tuyau dans le mur !

Celle ci, j’aime bien , elle correspond à l’état d’esprit obligatoire ici !

Allez , on prévoit de partir la semaine prochaine faire un tour vers la côte au vent ! Ca va faire drôle de bouger ! Alors à suivre !

4 mars : le Marin

Depuis dimanche, on avait retrouvé le confort de la vie au ponton dans la marina du Marin ! Eau et électricité sans contraintes, douches, poubelles . . Et ça, c’est tout bête, ça a l’air de rien , mais c’est casse pieds les poubelles qui s’accumulent sur le bateau quand on est dans des mouillages !

Tout a l’heure, on va s’en aller !

Depuis le dernier message, on a donc d’abord vécu quelques jours encore à l’Anse Noire, sans se lasser du paysage qui change au fur et à mesure des conditions du climat !

Balade dans la montagne au dessus de l’Anse Dufour, l’anse juste à coté.

Belle forêt, petit chemin mignon.

Des mares artificielles qui permettent de retenir l’eau en saison humide. Normalement elles devraient être asséchées puisqu’on est en saison sèche , mais elles ressemblent, d’après la photo qui explique le système, exactement comme quand il pleut, bien remplies, pleines d’un genre de cresson !

Et d’en haut, encore une vue sur Fort de France !

Une chose est sûre, c’est que durant toutes ces balades qu’on a faites ici, tous les chemins sont nickels. Pas un kleenex abandonné en chemin, pas un papier cul coincé, comme si on ne le voyait plus après, entre deux cailloux, pas de mégots, les chemins sont propres, étrangement propres même tant ça devient rare au cours de toutes les balades en France comme à Madère, aux Canaries ou au Cap Vert.

L’Anse Noire, ça peut être le rêve, comme ça peut être un peu casse pieds ! Nous n’étions jamais beaucoup de bateaux, heureusement car l’espace n’est pas immense, mais surtout, il y a des courants, le vent. Les bateaux ne tournent pas pareil sur leur ancre et ça peut faire de drôles de situations ou pas un bateau n’est dans le même sens ! Et comme d’habitude, dans la journée tout va bien ! Une nuit, gros grain qui nous avait réveillés tous les deux … on lisait , tranquilles, pour retrouver le sommeil, quand tout d’un coup, bing, un petit bing léger mais qui nous a sortis de la couchette en vitesse ! Un bateau d’Allemands qui jusque là était toujours loin de nous d’un coup , la Princess était venue lui chatouiller les flancs ! . Incroyable ! … bon, il faut dire qu’il avait une ancre à l’avant et une à l’arrière ce qui le maintenait bien droit face au large, quand nous, comme les autres bateaux, on tournait joyeusement autour de notre ancre, au gré du vent et des courants. Et comme on avait beaucoup de longueur de chaîne, avec le vent brutal du grain, le bateau avait bien augmenté son rayon d’action !

Bon, on a reprit 10 mètres de chaine et on a pu retourner dormir, avec cependant les oreilles aux aguets !

Dimanche, grande navigation pour venir jusqu’a la baie du Marin ! Une navigation de rien du tout normalement, si on le fait en ligne droite, mais là, gros grains, vent dans le nez, il a fallu tirer 8 bords pour réussir à arriver jusqu’à Sainte Anne ! Et on a passé le rocher du Diamant dans un temps breton !

Mouillage de Sainte Anne, on y a retrouvé avec plaisir Citron Vert, un bateau ami du Bassin à Flots !

Et lundi, à midi, on avait l’autorisation de venir prendre une place dans la Marina du Marin !

Super, on allait pouvoir faire le changement de batteries plus facilement. Lundi soir, elles étaient à bord et presque complètement installées . Il y avait des aménagements à faire car on a maintenant 3 batteries au lieu des 4 précédentes, mais des 170 ampères au lieu de 120 ampères, et bien sur, les dimensions ne sont plus pareilles, il faut refaire les calages

On a aussi pu regarder un truc qui nous tracassait depuis quelques temps. Le guindeau semblait avoir des faiblesses et fatiguait anormalement à chaque remontée de l’ancre. La batterie propulseur/guindeau avait l’air de ne plus charger. On a emprunté un chargeur de batterie au bateau à côté, recharge de la batterie. .. mais malgré ça, le système était toujours en défaut, la batterie moteur et la batterie guindeau qui devraient être de charge équivalente n’étaient pas équilibrées, rien n’allait plus !

L’électricien venu pour livrer les batteries est revenu pour y regarder , et en fait c’est le relai placé entre la batterie moteur et la batterie propulseur/guindeau qui était foutu.

Changement de la pièce et maintenant Erick passe son temps à aller vérifier et se réjouir que les 2 batteries sont au maximum et équilibrées ! On a des petits plaisir !

Petit tour pour vérifier le moteur, la pompe à eau semblait avoir une toute petite fuite… vérification, ouh la il était temps, par la même occasion de changer le rotor de pompe.

Voilà tout est fait.

Hier soir , petite balade dans la ville, on s’est régalé à regarder un petit groupe s’entrainer a danser. On est repartis de la musique plein la tête !

Aujourd’hui on va pouvoir s’en aller et retourner au mouillage

Ce sera plus calme !

A suivre !

24 février : l’Anse Noire

Ça y est, ce matin, on a quitté le mouillage devant Fort de France. Depuis lundi, chaque matin, on se disait qu’on allait partir et il y avait toujours quelque chose d’autre à faire.

Bon, aujourd’hui, pas de place pour la rigolade, dernier plein d’eau, c’est à dire qu’Erick part avec ses beaux gros jerricans bleus de 25 galons au bout des bras pour aller jusqu’au petit robinet la bas au bout du quai en bois qui longe le front de mer. Ses bras gagnent quelques centimètres à chaque fois. Ce matin, il ne fallait qu’un jerrican, un plaisir.

Le plein d’eau fait, celui des bières pour Erick aussi, on pouvait partir !

Pendant ce temps, il me restait à aller chercher les derniers fruits frais à embarquer et voilà, en route !

Fini le réveil à 5 heures du matin au son du pousseur de feuilles pour nettoyer la promenade et la débauche de cloches de l’église à 6 heures, ça va nous manquer. Pas les pétarades de moto en pleine nuit en revanche

On a pris beaucoup de plaisir chaque jour à se balader dans cette ville et à découvrir chaque fois de nouvelles choses. Tout est coloré, pittoresque, souvent inattendu, il y a une petite animation assez gaie. On parle facilement avec les gens rencontrés et c’est toujours des échanges agréables. Vraiment des moments bien sympa.

Balade jusqu’au phare, en fer comme tout ici, la cathédrale, la bibliothèque Schoelcher, le marché.

Mais voilà, on s’en va ! On a traversé la baie en moins de deux, sous génois seul avec un bon 20 nœuds de vent.

A 10 heures on était mouillé au fond de la baie, près de la plage de sable noir, du petit bouquet de palmiers, exotique en diable et de la petite maison en bois toute mimi qui marque l’entrée du long ponton qui s’avance dans la mer.

Pas le droit de se baigner suite à un arrêté municipal pris lundi. L’eau présentait une viscosité anormale. Des échantillons sont partis à l’analyse. Les résultats pas avant la semaine prochaine ! Alors les bateaux qui amènent les touristes (le peu de touristes qu’il y a) se baigner, viennent pour rien ! . . Le couple avec sa petite cabane colorée qui loue des kayaks sur la plage est au chômage.

Il y en a en ce moment un paquet de vies qui vacillent entre le covid et la pollution.

Nous, c’est clair que tout ça, ça enlève du plaisir au voyage. Surtout avec les inquiétudes diverses qui viennent s’ajouter comme le Père d’Erick qui fait des cabrioles et se retrouve à l’hôpital, le fémur en vrac. Bon, les chirurgiens ont tout remis en ordre de marche c’est le cas de le dire, reste à réapprendre à mettre un pied devant l’autre sans faire de saut périlleux.

Voilà, on est là pour quelques jours, avant d’aller voir les mouillages plus loin ! De toutes façons, on n’a pas trop le choix puisqu’on ne peut quitter la Martinique !

A suivre !