Voilà, Didier le mécano est donc venu samedi.
L’oreille du spécialiste avait détecté qu’apparemment le moteur marche sur 3 pattes. Nous, on n’avait rien remarqué de particulier ! c’est malin 🥴 Alors, démontage de la pompe d’alimentation dont la membrane laisserait sans doute passer le gaz oil dans le carter d’huile et aussi de l’injecteur récalcitrant.

Dans l’après-midi, retour de l’équipe de spécialistes. La pompe ne fuit pas, ce n’est donc pas la membrane. L’injecteur avait besoin d’être retaré. Le problème c’est qu’une fois remonté le piston ne fonctionne toujours pas. Pas du tout de compression.
Verdict : c’est le piston qui est fichu et c’est le gaz oil qui est pulvérisé dans le piston qui s’écoule et part dans le carter d’huile. Il faudrait donc sortir le moteur et changer les pistons. Ou changer le moteur. Mais de toutes façons, le mécanicien est surbooké et ne pourrait intervenir qu’en mai avec un temps de réparation à prévoir d’un mois en raison du délai de livraison des pièces. Ça nous fait arriver en plein début de la saison des cyclones, il faudrait donc à nouveau, comme l’année dernière, laisser le bateau au chantier et pour 6 mois, le tarif est presque équivalent au prix du moteur d’occasion qu’il nous propose ! Ce qui est bête c’est qu’en plus, ce moteur qu’il pourrait installer ne nous convient pas car il est difficile à adapter à la place du nôtre, il faudra bidouiller. Reste la solution d’un neuf, mais ici, ils sont hors de prix il n’y a pas de choix alors qu’en France on pourra prendre le temps sans faire ça dans l’urgence. On pense aussi qu’on peut le remettre en état ce bon vieux Perkins, ils sont increvables, et soit le garder soit le vendre pour mettre un neuf, mais pas l’abandonner comme ça.
La solution qui reste, c’est traverser et retourner en France sans moteur. L’aller sans dérive, le retour sans moteur, elle nous en fait voir cette Princess. Et elle a raison car, au moment de notre départ de Bordeaux, dans la préparation, ce sont ces deux postes qu’on aurait dû bien vérifier ce qu’on n’a pas fait pensant que la révision qu’on avait faite serait suffisante. Et faute d’argent quoi aussi. Mais, au bout du compte, elle nous le fait payer notre Princess, au propre comme au figuré !
Alors voilà. Le moteur peut fonctionner mais pour de courts trajets, une entrée de port par exemple pour l’arrivée aux Açores, sinon ce sera voiles obligatoirement. Et après chaque utilisation du moteur, en fonction de la consistance de l’huile sur la tirette, vidanger et mettre de l’huile neuve. Il faudra partir avec une provision de bidons.
Bon, je ne suis pas courageuse, je ne me sens pas capable d’affronter ces nouvelles angoisses. Erick, lui, n’a peur de rien, à confiance dans le bateau et se sent prêt à traverser comme ça puisque , et c’est vrai, de toutes façons, on n’aurait pas utilisé le moteur en traversée, et on avait décidé déjà, avant, que même s’il y avait des calmes, on attendrait le retour du vent.
Erick est impatient maintenant de partir pour se coltiner ce challenge d’une traversée en solitaire. Bon, de mon côté, les angoisses je les aurai de toutes façons de le savoir tout seul, juste ce ne seront pas les mêmes.
Pour l’instant, on prépare le bateau. On fait des listes de ce qu’il faut faire. Aujourd’hui, on a enfin fixé les protections anti chutes d’objets faites avant le départ. On ne savait pas trop comment les faire tenir et voilà, c’est fait et ça tient bien. Le bateau peut se retourner !

On est aussi allé faire de l’eau et faire enfin la clearance d’entrée en Martinique, depuis jeudi dernier, il était temps de la faire !
Pendant ce temps là, la seule qui est cool c’est Mina, bien contente que le bateau ne bouge pas ! Elle ne se doute pas que bientôt elle va retrouver les joies de l’avion, enfermée dans son sac. Demain, c’est son anniversaire ! 14 ans !

A suivre …
