14 février : Caritan

Une fresque sur le mur d’une école à Mayreau

Ça y est, depuis hier on est à nouveau à Caritan, chez nous quoi !

Samedi matin, Clifton, 9h30, on avait préparé le plan d’action pour quitter le mouillage, il ne s’agissait pas de se louper et d’aller atterrir ou dans la caye à 30 mètres maximum à côté ou dans les bateaux autour !

Heureusement, 2 des bateaux les plus gênants sont partis tôt le matin, ne restait que le grand catamaran juste derrière nous à vraiment nous embêter !

Nos copains Philippe et Claudine étaient là avec leur annexe pour pousser le bateau et le faire pivoter, Skipa, le Boy boat qui nous avait mis à la bouée était là aussi et un français du mouillage était prêt à intervenir avec son annexe si besoin. On avait mis tous les pares battage pour protéger au cas où et voilà, il restait à y aller !

Il faut dire qu’il y avait un bon 20 nœuds de vent ! Bien d’avoir du vent pour partir sous voiles et faire bouger les 15 tonnes de notre Princess pépère mais point trop n’en faut cependant ! … et heureusement tout s’est bien passé ! Grand voile avec un ris, les 50 mètres de chaîne de l’ancre remontés, ça pousse l’avant d’un côté, ça pousse l’arrière de l’autre, et on est partit, 2 bateaux à contourner et ouf on était dans le chenal.

Ne restait plus après qu’à décoincer la chaîne d’ancre qui s’était bloquée dans le tube d’entrée de la baille de mouillage. C’est un vrai problème de la Princess. Si on n’est pas là, en bas dans le bateau à surveiller l’arrivée de la chaîne et l’empêcher de se mettre en tas, ça se coince. Habituellement, c’est le boulot d’Erick , mais là, s’il a pu surveiller les 40 premiers mètres après, pour les 10 derniers il valait mieux qu’il soit dans le cockpit. Et bien sûr, bien que j’ai cru bien surveiller, cette garce de chaine est partie s’entasser à côté du tube et au bout d’un moment, elle s’est bloquée… alors on est partis avec l’ancre qui pendait ! … heureusement, dès qu’on est sortis du chenal, il y avait de la place, on a pu débloquer la chaîne, et ce n ‘est pas simple, il faut y aller au marteau et au burin. Et puis ranger tous les pares battage et voilà, on a pu envoyer le génois et c’était parti ! Le plus dur était passé, nous restait juste à attendre l’autre plus dur de l’arrivée !

Le début de la navigation à été plutôt agréable, du vent mais pas trop, on a pu longer la côte et regarder de loin tous les endroits où on aurait aimé aller !

Tu vois Cristine, rien ne change avec Princess Julia ! On rêve d’aller voir les îles du Cap Vert et on doit se contenter de Mindelo …maintenant, on frôle les Tobagos sans y aller ! Pas de chance ! … si la réparation se fait vite, on y retourne !

On est parti vers le large pour ne pas risquer, comme on était sous le vent des îles, d’être privés de vent par les sommets qu’on allait longer. Le vent est monté petietit, la mer s’est faite plus brouillonne … et on a passé une journée et une nuit à se faire secouer, à subir, (et subir c’est vraiment subir ! ) les vents ou trop forts ou pas assez, à changer sans cesse de voilure, à se faire rincer par une mer plutôt très agitée. Pas de tout repos ! On n’a à peine fermé l’œil de la nuit, tous les deux dans le cockpit, à s’assoupir à tour de rôle, entre deux manœuvres !

Long bord vers le Nord, au près. A 2 heures du matin, arrivés au large du passage entre la Martinique et Sainte Lucie, on a tiré un bord vers la terre pour se rapprocher des côtes… le nord de Sainte Lucie à l’aube et là, on a commencé à tirer des bords pour arriver enfin devant l’entrée de la baie du Marin ! Le vent soufflait à 25-30 noeuds. Vers la fin, on est passé à la trinquette pour que les virements soient plus faciles et voilà, 16 heures, on a enfin mis l’ancre à peu près là où on se met habituellement mais plus au large ! On était crevés, surtout par l’angoisse accumulée …

Restait à nettoyer le bateau, les hublots pleins de sel, les cirés à rincer … parce que la nuit , c’était cirés, bonnet , comme en Bretagne ! Avec les beaux bonnets bien douillets donnés par mon Beau frère, merci ! à 20 heures, on était au lit et on a dormi comme des loirs jusqu’à ce matin 6 heures !

Un mécanicien doit venir … Erick voulait démonter l’inverseur et lui porter mais il préfère venir voir sur place avant. Donc, maintenant, on attend !

Bon, ce n’est pas pire, on a retrouvé le Diamant comme horizon et c’est plutôt pas mal ! Et on a retrouvé le téléphone facile sans chercher un coin avec la wifi , un vrai luxe d’un coup !

Pourvu que la réparation se fasse vite !

A suivre ! Pas moyen de charger les photos, la connexion au large où nous sommes n’est pas assez bonne . Dommage, il y avait une belle photo de la route que nous avons faire !ce sera pour après, quand je pourrai les envoyer.