On est de retour à Caritan, notre petit coin face au Diamant, avec toujours le régal des beaux couchers de soleil !

Partis ce matin, jeudi 13, à 9h de l’Anse Noire, il a fallu 6 virements de bords et 7h et pour faire ce qui fait 15 miles en venant directement, là, le vent dans le nez à tirer des bords, on a fait 30 miles ! Mais c’était agréable ! Du vent, la mer un peu chamboulée à partir du Diamant mais ça s’est calmé après et on a bien manœuvré ! Pas un mal de faire un peu d’exercices ! Bon, on est bien , pas de bateaux trop près, le plan d’eau plutôt calme ce soir , tout va bien.
Mais avant ! … au dernier message, on était arrivés à l’Anse Noire et on attendait les copains pour le lendemain.
Aïe, à 17 heures, un pêcheur est venu nous dire qu’on ne pouvait pas rester car le lendemain matin, dès 5 heures, ils faisaient une pêche à la senne, un grand filet qui est tiré pour former une poche qui emprisonne les poissons. Et, cette senne allait prendre toute la baie. Donc, il fallait partir, nous et les 2 cata mouillés à côté de nous. Pour une fois que c’était une soirée tranquille avec juste 3 bateaux dans la baie !
On a donc déménagé en vitesse, avant la tombée de la nuit, dans la baie d’à côté, l’Anse Dufour, pas mal aussi mais on y bouge plus, elle est plus ouverte, moins sauvage, mais bon, pas le choix !

Nuit un peu trop bercés par la houle et à 6 heures on est partis en annexe pour aller voir la senne !
Beau spectacle ! On s’est régalé … même si on s’est fait rabrouer par un des pêcheurs qui ne voulait pas qu’on prenne des photos !






A 9 heures, la partie de pêche était finie, les pêcheurs repartis et petit déjeuner pris on a pu revenir mouiller dans l’Anse Noire ! Tout seuls, bien au milieu , un moment de plaisir qui ne dure pas , dommage !
Les copains sont arrivés vers 10h30. Et on a passé une belle journée !

Le lendemain, mercredi, ils sont venus nous chercher avec leur voiture à 15 heures pour qu’on aille ensemble visiter « La Savane des Esclaves » . Un espace de 2 hectares, à flanc de colline, où un Martiniquais têtu et acharné, Gilbert Larose, a donné vie à un beau parc qui retrace la vie des Esclaves, pendant l’esclavage et après, la vie lontan antan.

Il a tout créé, dégagé des terrasses, reconstitué les villages, avec la rue Case Nègres dans laquelle 7 paillotes en bois tressé aux toits en palmes, recréent les conditions de vie difficiles, n’épargnant aucun détail sur les sévices, le travail harassant, la mort prématurée.



Des panneaux très pédagogiques expliquent tout ça … dans un environnement de plantes, d’arbres, de toutes les variétés. Un jardin médicinal fait découvrir les pouvoirs de beaucoup de plantes, dont certaines qu’on connaît !

On découvre le roucouyer dont les graines possèdent un intense pouvoir colorant. C’est de la poudre faite à partir de ces graines que les indiens arawaks, installés en Martinique et les autres indiens aussi d’ailleurs, s’enduisaient la peau, pour se protéger du soleil, d’où leur nom de peaux rouges.



C’est passionnant ! Et ça se termine par une pause à « la case à glaces » dans laquelle on peut déguster des glaces maison faites avec les fruits et les plantes récoltés sur la plantation ! … délicieux !
En sortant, il était temps de rentrer avant le couvre feu ! Il faisait nuit, on avait les 135 marches qui donnent accès à l’Anse Noire à dégringoler et heureusement, ouf, l’annexe nous attendait bien sagement accrochée au ponton !
Voilà !
Demain, on va récupérer le radeau de survie.
Et en fait, demain, c’était hier, vendredi, on a récupéré le radeau de survie ! Amarrage au ponton du travel lift du chantier comme on nous en avait donné l’autorisation. Un peu d’attente, elle n’était pas finie ! Normalement , on devait la récupérer il y a une semaine ! … une devise, ne jamais être pressé…
Et voilà, délestés d’une bonne somme d’argent, heureusement, la révision ce n’est que tous les 3 ans, on a pu aller se mettre au ponton de Leader Price pour aller faire les courses et ouf, retour vers le calme du mouillage.
Dans l’après-midi, Erick décide de s’attaquer au speedomètre, l’appareil qui permet de mesurer la vitesse. Quand on avance, une toute petite roue à aubes, reliée à des capteurs, permet de savoir à quelle allure on va ! Depuis quelques temps, le répétiteur qui relait les informations était désespérément muet.
Il faut donc enlever le système qui porte la petite roue, le dévisser pour le nettoyer avant de le remettre … et il faut faire fissa car quand on l’enlève, ça fait un beau jeyser qui entre dans le bateau ! Bon, on n’aime pas du tout faire ça !
Mais là, problème, impossible de dévisser le porte roulette … c’est bloqué… et quand, enfin, ça se débloque, au lieu que ça se dévisse là où il faut, c’est tout le système qui se met à tourner, désolidarisé de la coque et on a une belle entrée d’eau. Zut de zut , ça devient pas drôle du tout. Une seule solution maintenant, il faut sortir le bateau pour réparer. Il est vendredi 16h, le chantier ne répond plus, fermé jusqu’à lundi. Heureusement, j’ai le numéro de portable de la comptable. Je tombe sur la messagerie , mais elle me rappelle vers 18 heures. Elle nous donne le numéro de Gérard, le grutier et voir avec lui. Et voilà, malgré qu’il soit en week-end, malgré qu’il ait une sortie en mer de prévue avec des amis, il est d’accord pour venir nous sortir de l’eau, à condition qu’on soit là à 6h30 ! … pas de problème, on sera là !
On a colmaté comme on a pu l’entrée d’eau et surveillé régulièrement cette nuit que le bateau ne se remplissait pas ! Debout 5 heures, départ dans la nuit, petite vitesse pour ne pas faire entrer trop d’eau. A 6h30, on était au rendez vous, Gérard aussi.
Une fois au sec, on a eu du mal à débloquer le bazar, mais çà y est, c’est fait ! … tout est bien nettoyé et le loch fonctionne !
On est pour le week-end sous le travel lift ! Dans le berceau des sangles ! Pas sûr qu’en métropole on puisse faire ça ! Mais c’est bien, on a une belle vue avec terrasse sur la mer !

A suivre !
