1er avril : on est toujours à Sainte Anne et ce n’est pas un poisson d’avril !

Sainte Anne, toujours !

Au début, il y a un mois ou presque, à mon dernier message, la vie était encore normale ou presque.

Le 5 mars, en revenant au mouillage, découverte de Sainte Anne …. on est monté par le petit raidillon caillouteux jalonné par les étapes d’un chemin de croix , jusqu’à la chapelle Notre Dame de la Salette, qui domine la ville. On n’ aurait pas envie de le faire à genoux ! La chapelle est sans grand intérêt,

mais de là-haut, la vue est bien belle sur le mouillage.

En redescendant, on a pris un pot à une terrasse calme et avec vue sur mer encore, on ne s’en lasse pas !

Et même, Erick a pris une belle photo de moi, une comme je les aime, on ne voit pas les rides !

Le lendemain, carénage du bateau, il fallait enlever la mousse qui recouvre à nouveau la coque, 15 jours après qu’Erick l’ai déjà fait ! Faut pas croire, c’est pas les vacances !

Le 8 mars, c’était le lundi, on a fait une très belle balade.

18 km pour contourner le bout de l’île, en longeant la mer par un tout mignon sentier aménagé, la Trace des Caps.

Tout le long, c’est une succession de paysages magnifiques.

Passage par la belle plage de la Saline, 3 km de sable immaculé et presque personne grâce au covid ! Le vaste étang de la Saline, une zone classée au Patrimoine Mondial par son rôle important dans la régulation de la biodiversité.

En chemin, on traverse une grande zone au paysage presque lunaire, la Savane des Pétrifications, jonchée paraît il de belles roches silicifiées. En fait, elles ont pour ainsi dire toutes été pillées, pour faire des tables basses, c’est malin, reste une étendue bizarre, désertique avec des cactus de loin en loin. On se croirait dans un décor de western !

Partout, tout le long du chemin, des petites boites en bois pour piéger les crabes de sable. La chasse est ouverte jusqu’en avril et c’est parait il super pour faire la soupe

On est allé jusqu’à la Baie des Anglais. (Le chemin continu encore pendant 9 km jusqu’à l’anse Macabou.)

On a pique niqué au dessus de la baie des Anglais, c’était bien beau.

Retour en prenant un chemin rocailleux qui traverse l’île au milieu de champs de canne à sucre et de melons, en cahotant de sommets en vallons. Fatigant, surtout qu’il faisait chaud et il n’y a pas un pet d’ombre. On était drôlement contents d’arriver enfin à l’entrée de Sainte Anne, la tête et les pieds un peu endoloris. Un joli vieux moulin à canne à Sucre bien restauré marque l’entrée de la ville.

Dommage, comme c’est devenu la règle maintenant, on ne peut plus visiter !

Allez, plus que 2 km et ouf on a retrouvé le bateau, crevés !

Le mercredi, j’ai commencé à être pas trop bien, une grande fatigue qui m’est tombée dessus, d’un coup à midi, alors que le matin, j’allais bien.

Le lendemain, les jours suivants, pareil, très fatiguée, fiévreuse. On est allé acheter un thermomètre pour vérifier. Ah oui, 38°9 – 39° continuellement. La bouche très sèche, mal partout, impossible de dormir.

Le lundi matin, en me levant, je n’ai pu que dire à Erick « je suis fatiguée », avant de m’écrouler, évanouie !

Affolement à bord ! Il a levé l’ancre , et accompagné de notre ami de Citron Vert, on est parti au Marin. Pour pouvoir voir un médecin de SOS Médecins il faut être au ponton, ils ne sont pas joueurs, ils ne veulent pas aller jusqu’à leurs clients en annexe !

Verdict immédiat, c’est au choix le Covid ou la dengue.

Tension moins de 8. Paracétamol et une analyse de sang à faire, c’est précisé sur l’ordonnance, en extrême urgence. J’aurai un rendez vous le mercredi matin, à 6h20 … super sympa l’infirmière, il pleuvait et le bateau était au bout du ponton qui doit faire au moins 250 mètres ! … résultats l’après-midi, c’est bien la dengue.

Donc, repos car grosse fatigue qui va durer à prévoir ! De toutes façons, je suis incapable de faire quelque chose et je suis restée aussi fatiguée pendant au moins 15 jours. Je commence à aller mieux, mais ce n’est toujours pas la grande forme. J’ai dû me faire piquer par une garce de femelle moustique, pendant notre belle balade dans la mangrove ! Pas de chance, habituellement, les moustiques m’ignorent et s’attaquent à Erick avec délectation !

Hier, on est allé faire notre première injection du vaccin contre le Covid. Deuxième injection le 2 juin.

La salle d’attente du toubib est un vrai plaisir, on n’a pas les mêmes en métropole !

Nos journées sont plutôt simples et tranquilles, la vie au mouillage n’est pas exaltante mais pas désagréables.

De toutes façons, tous les bateaux autour, même pas malades eux , personne ne fait rien, on attend, puisque de toutes façons on ne peut quasiment rien faire ! … juste aller voir les mouillages à côté éventuellement. mais pourquoi changer quand celui ci est bien confortable !

Ça ne bouge pas, il y a du vent tout le temps qui recharge bien les batteries, on peut avoir de l’eau douce comme on veut, il y a des machines à laver pas loin, le village a 2 km par une petite route agréable pour faire les courses

On n’est pas trop nombreux et les bateaux sont loin les uns des autres. De temps en temps, il y en a un qui lève l’ancre. On sait que quelques heures après, il sera de retour, pour ainsi dire au même endroit, il est juste parti faire les courses au ponton du Leader Price à l’entrée de la baie du Marin ! L’aventure quoi !

Le Leader Price, ah, lui, il a tout compris, encore qu’ils doivent souffrir de l’arrêt de la location de la grande flotte de catamarans.

Bon, tout le monde est en mode « caravane et on attend !

Si on veut partir vers les autres îles, ça veut dire test PCR en partant, 7 jours de quarantaine et re test PCR à 200 $ aux Grenadines ou Saint Vincent et ça a chaque changement d’ile ! Alors, autant rester là !

La Guadeloupe, pas de possibilité d’entrée sans un motif impérieux. Et maintenant le soir, le zodiac de la Police fait des ronds dans l’eau, pour vérifier qu’on ne fait pas des apéro sauvages sur le bateau des uns ou des autres !

Ce n’est pas le voyage dont on rêvait. .. mais la vie reste agréable avec le soleil, les bains autour du bateau, les tortues à regarder pointer leur tête régulièrement, là, juste à côté du bateau.

D’ailleurs, en me baignant, j’ai réussi à me faire un super beau maquillage à la iroquois !

Un truc tout bête, complètement improbable ! En passant en nageant, sous le bout qui relie l’annexe au bateau, le bout s’est tendu brusquement. juste au moment où je passais et ça m’a fouetté la joue ! Waouh ! Pas cool ! Et une belle brûlure !

Dans la rue, en revanche, toujours de belles peintures.

Plein de poésie et de bon goût pour masquer la sortie du tuyau dans le mur !

Celle ci, j’aime bien , elle correspond à l’état d’esprit obligatoire ici !

Allez , on prévoit de partir la semaine prochaine faire un tour vers la côte au vent ! Ca va faire drôle de bouger ! Alors à suivre !