24 février : l’Anse Noire

Ça y est, ce matin, on a quitté le mouillage devant Fort de France. Depuis lundi, chaque matin, on se disait qu’on allait partir et il y avait toujours quelque chose d’autre à faire.

Bon, aujourd’hui, pas de place pour la rigolade, dernier plein d’eau, c’est à dire qu’Erick part avec ses beaux gros jerricans bleus de 25 galons au bout des bras pour aller jusqu’au petit robinet la bas au bout du quai en bois qui longe le front de mer. Ses bras gagnent quelques centimètres à chaque fois. Ce matin, il ne fallait qu’un jerrican, un plaisir.

Le plein d’eau fait, celui des bières pour Erick aussi, on pouvait partir !

Pendant ce temps, il me restait à aller chercher les derniers fruits frais à embarquer et voilà, en route !

Fini le réveil à 5 heures du matin au son du pousseur de feuilles pour nettoyer la promenade et la débauche de cloches de l’église à 6 heures, ça va nous manquer. Pas les pétarades de moto en pleine nuit en revanche

On a pris beaucoup de plaisir chaque jour à se balader dans cette ville et à découvrir chaque fois de nouvelles choses. Tout est coloré, pittoresque, souvent inattendu, il y a une petite animation assez gaie. On parle facilement avec les gens rencontrés et c’est toujours des échanges agréables. Vraiment des moments bien sympa.

Balade jusqu’au phare, en fer comme tout ici, la cathédrale, la bibliothèque Schoelcher, le marché.

Mais voilà, on s’en va ! On a traversé la baie en moins de deux, sous génois seul avec un bon 20 nœuds de vent.

A 10 heures on était mouillé au fond de la baie, près de la plage de sable noir, du petit bouquet de palmiers, exotique en diable et de la petite maison en bois toute mimi qui marque l’entrée du long ponton qui s’avance dans la mer.

Pas le droit de se baigner suite à un arrêté municipal pris lundi. L’eau présentait une viscosité anormale. Des échantillons sont partis à l’analyse. Les résultats pas avant la semaine prochaine ! Alors les bateaux qui amènent les touristes (le peu de touristes qu’il y a) se baigner, viennent pour rien ! . . Le couple avec sa petite cabane colorée qui loue des kayaks sur la plage est au chômage.

Il y en a en ce moment un paquet de vies qui vacillent entre le covid et la pollution.

Nous, c’est clair que tout ça, ça enlève du plaisir au voyage. Surtout avec les inquiétudes diverses qui viennent s’ajouter comme le Père d’Erick qui fait des cabrioles et se retrouve à l’hôpital, le fémur en vrac. Bon, les chirurgiens ont tout remis en ordre de marche c’est le cas de le dire, reste à réapprendre à mettre un pied devant l’autre sans faire de saut périlleux.

Voilà, on est là pour quelques jours, avant d’aller voir les mouillages plus loin ! De toutes façons, on n’a pas trop le choix puisqu’on ne peut quitter la Martinique !

A suivre !