Direction Porto Santo

Et voilà, 24 septembre 2018, Princess Julia sort des Bassins à Flot pour partir cette fois ci vers des contrées lointaines !

Royan le 25, derniers préparatifs, dernières provisions … on part pour une dizaine de jours, cap direct sur Porto Santo, l’île la plus septentrionale de l’archipel de Madère.

On est quatre à bord, Erick et moi, Jean Daniel et son frère Jean François.

Réglage du régulateur d’allure
On est aussi allé admirer les maisons de Le Corbusier 

Et puis, on s’en va !

Pas de vent au départ, on se traîne un peu, 

Même le spi n’arrive pas à se gonfler …

Heureusement, on finira par avoir un peu de vent pour réussir à avancer. Mais il y a une grande incompatibilité d’humeur entre l’estomac de Jean Daniel et les mouvements du bateau. Il ne sort pas de sa couchette, terrassé par un violent mal de mer.

Pas mal ces trois marins !

On doit se dérouter sur la Corogne pour lui permettre de reprendre goût à la vie.

Très belle escale finalement, cette ville de la Corogne est un plaisir, avec ses belles façades sur la mer, ses ruelles dans la vieille ville, ses bons restaurants. On ne regrette rien !

En plus, il fallait changer le bout de l’enrouleur, le seul bout que nous n’avions pas changé et qui a craqué !

Tant mieux, on avait l’embarras du choix !
Impressionnant ces façades
L’équipage est en pleine forme 

Quelques bons petits repas plus tard, le lundi 1er décembre, Philippe, mon Beau Frère, embarque Jean Daniel et Jean François pour un retour en voiture vers Bordeaux. Et oui, Jean François a dû débarquer lui aussi pour cause de soucis familiaux. Dommage, c’était sympa notre petite équipe.

On croyait continuer tous les deux, mais le destin a mis, au coin du ponton, une équipière juste débarquée d’un autre voilier trouvé par la Bourse des équipiers, pour incompatibilité d’humeur avec son skipper. Avec ses deux sacs à ses pieds, un peu déboussolée, on ne peut que lui proposer de l’embarquer puisqu’elle partait aussi vers Madères et les Canaries.

Et voilà, le lendemain, Cristine embarque sur Princess Julia et le 3 octobre, on s’en va , direction Porto Santo.

Bon, le soir même, on est à Naxos, dans la baie de Camarinas, juste un peu au sud.  Une journée a se traîner, pas un souffle d’air ! … et une envie furieuse d’aller manger des tapas, mais on arrivera trop tard et en plus le moteur s’arrête juste en passant entre les feux de la jetée. On parvient à se mettre au ponton en glissant sur notre ère … ouf ! … et on passe un bon bout de la soirée à explorer le moteur, Erick du moins, mais il ne trouve rien d’anormal et le moteur démarre à nouveau sans problème ! … le réparateur qui viendra le lendemain matin ne trouvera rien lui non plus, juste il nous prend 30 euros !

Mais c’est bien mignon 
Pas surchargé le port 

On reste un jour car il n’y a toujours pas de vent …et ça nous permet de faire une belle balade jusqu’à la pointe 

Le 5 on repart, Un peu de vent au départ, faible, mais vite, plus rien … en fin de journée, on remet le cap vers la côte et on va passer la nuit, juste en dessous du cap Finisterre, ancrés devant un petit port occupé par des chalutiers.

Enfin, le 6, du vent !  nous voilà partis ! … 7 jours de navigation pour arriver à Porto Santo,  7 jours de plaisir .

Du vent, on fait des étapes de 120 miles par jour au début
Parfaite notre équipière ! … 

Il y aura des jours de vent au début, puis , deux jours de calme complet, posés sur une mer sans une ride, à tel point qu’une nuit, une nuit bien noire sans lune, on a tout affalé et fait nos quarts, juste à guetter autour de nous un possible bateau. Rien, si ce n’est le son d’un souffle fort, là, tout près, des bruits d’eau comme si quelqu’un se baignait autour du bateau … une baleine peut être … c’était impressionnant.

Et puis, retour du vent, dommage de face ! il nous faut tirer des bords … au petit matin du vendredi 12, on  aperçoit l’ile à l’horizon … on mettra toute la journée pour se rapprocher et arriver enfin, en fin de journée dans l’avant port de Porto Santo.

On prend un corps mort, pas une bonne option car on ne savait pas qu’arrivait sur l’île, la grosse dépression Leslie. Elle est là 3 heures après notre arrivée, la nuit,  le vent forcit sacrément et au petit matin, il est temps d’aller s’ancrer plus loin pour s’éloigner de la digue qui était bien trop proche.

Et on restera toute la journée sans pouvoir aller à terre, à surveiller le bateau qui bouge comme si on était en mer !

Et voilà, le 14 octobre, on peut enfin débarquer, aller prendre une douche et boire la bière tant attendue ! 

 On va découvrir Porto Santo . 

Une belle balade en vélo pour découvrir une partie de l’île

On choisit de prolonger notre escale car on a décidé de commander un nouveau guindeau, l’autre qu’Erick avait tenté de sauver,  pisse l’huile et donne des signes de faiblesse et ici, le tarif peu élevé du port incite à attendre, sans trop s’inquiéter du temps qui passe, que le beau guindeau tout neuf arrive ! … Plus un compresseur pour le frigo qui est tombé en panne … plus un feu pour le balcon avant, l’autre est parti à l’eau pendant une manœuvre un peu violente ! 

Cristine, elle, s’en va vers Funchal, avec le ferry, avant de rentrer en France. Elle était vraiment l’équipière idéale, sympa, d’humeur égale, toujours prête à aider … grâce à elle , les quarts étaient moins rapprochés et on pouvait dormir 4 heures d’affilée, un luxe !

Et puis, le temps est passé … très vite finalement, sans qu’on n’y prenne garde !  à attendre les colis, à bricoler, à se balader, à parler avec tout ceux qu’on rencontre sur les pontons … et c’était un plaisir cette vie ! 

De belles rencontres … la Civelle avec Daniel et Maylen, Imagine avec Patrick et Marylin, Guy et son First 28 , qui nous fait passer un super après midi à découvrir ses photos des Canaux de Patagonie, si bien que quand on sort de Princess Julia, en fin de journée, on ne sait plus du tout où on est ! … et bien d’autres rencontres … et beaucoup de verres de vin blanc partagés ….

Tous les coins sont bons pour roupiller !

Des surprises aussi, avec la découverte juste après notre arrivée, que la dérive est bloquée, elle ne peut plus ni descendre ni remonter, bloquée à moitié descendue.

Plongeon sous le bateau, il y a un truc coincé dans le puits de dérive, et bien coincé ! Il faudra quelques plongées avec bouteilles, beaucoup de réflexion pour trouver une solution …et finalement retirer un long boa en caoutchouc qui s’était lové dans le puits de dérive. 10 mètres d’un gros caoutchouc dur, dense , très lourd, sans doute une protection de coque de chalutier.

Impressionnant … et on est bien contents de s’en débarrasser !

Jean François et Catherine sont venus nous rejoindre pour une bonne dizaine de jours … balades sur Porto Santo, journées qui passent, tranquilles, à juste prendre plaisir à être ensemble, et puis belle navigation sous spi pour aller à Funchal. 4 jours à se balader encore … dommage, la plaie d’ Erick au pied n’est toujours pas belle et ne lui permet pas de marcher trop longtemps. Et voilà, ils reprennent l’avion à Funchal et nous retournons à Porto Santo … au moteur, pas de vent !

Un équipage de choc
Pique nique au miradouro de Pedregal
Une vraie pub pour agence de voyage !

On prépare le bateau pour l’hivernage au sec et on prend l’avion le 1 décembre, pour Lisbonne, avec Patrick et Marylin. Eux continuent vers Nantes et pour nous retour vers Bordeaux.

Une nuit dans l’aéroport de Lisbonne à attendre l’embarquement à 7h30 le lendemain !

Mina a été adorable ! Presque 24h de voyage sans un miaulement , sans un pipi ! pas facile sans doute !

Voilà, Princess Julia est au sec, bien posée sur le terre plein, face à la sortie du port ! elle attend notre retour, le 9 mars !

Il nous restera à réparer les belles fissures découvertes sur la dérive, à la mise au sec, sans doute dues au contraintes liées au boa. Ce ne sera pas facile car il n’y a pas de soudeur alu sur Porto Santo. Espérons que d’ici notre retour, on trouve une solution.

Alors … à suivre ! …. à bientôt ! … après le 9 mars 2019 !